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Idée reçue n°13 : Rendre un lieu accessible, c’est juste poser une rampe

Quand le mot "accessibilité" est évoqué, la première image qui vient souvent à l’esprit est celle d’une rampe d’accès pour fauteuils roulants, installée à l’entrée d’un bâtiment. Cet aménagement est essentiel pour de nombreuses personnes, notamment celles se déplaçant en fauteuil roulant. Mais réduire l’accessibilité à cet unique aspect physique revient à ignorer une multitude de besoins concrets. Pour les personnes malvoyantes et non-voyantes, accéder à un bâtiment ne signifie pas nécessairement pouvoir s’y repérer, y circuler ou en profiter pleinement. Une rampe d'accès peut permettre d’entrer, mais ne donne aucune information sur la disposition des lieux, les différents espaces, les services disponibles, les équipements ou encore les sorties. L’accessibilité ne se limite pas à franchir une porte : elle englobe la possibilité de comprendre son environnement, de faire des choix et d’agir en autonomie.

Idée reçue n°12 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes n’ont rien à faire dans une mairie, une banque ou un service public. « Comment feraient-elles leurs démarches ou géreraient-elles leurs papiers sans voir ? »

Renouveler une carte d’identité, déclarer un changement de situation, ouvrir un compte bancaire, signer un contrat d’assurance… Ces démarches font partie du quotidien de tout citoyen. Pourtant, pour les personnes malvoyantes et non-voyantes, elles s’accompagnent trop souvent d’incertitudes, de stress et de dépendance. Le problème n’est pas qu’elles n’aient pas à faire ces démarches, mais que les lieux ne sont pas pensés pour elles. Le vrai obstacle ne réside pas dans l’utilité de ces lieux, mais dans le manque d’accessibilité qui empêche une partie de la population d’y circuler en autonomie, de comprendre l’aménagement des espaces et d’interagir avec les agents ou conseillers dans les mêmes conditions que tout le monde. Beaucoup de personnes malvoyantes et non-voyantes hésitent même à s’y rendre, faute de savoir si ces lieux leur seront accessibles. Résultat : elles renoncent ou se voient contraintes de déléguer ce qu’elles devraient pouvoir faire elles-mêmes. Dans certains cas, cela signifie partager des informations personnelles qu’elles préféreraient garder confidentielles, simplement pour pouvoir avancer dans leurs démarches. Une situation qui fragilise à la fois leur autonomie et leur égalité citoyenne.

Idée reçue n°11 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes n’ont rien à faire dans un village vacances. « Comment profiteraient-elles d’un séjour qu’elles ne voient pas ? »

Vacances en famille, entre amis ou en solo : les villages vacances promettent détente, convivialité et souvenirs inoubliables. Les brochures mettent en avant l’accueil chaleureux, l’authenticité des expériences, la fluidité du parcours client. Mais pourquoi imaginer qu’une personne malvoyante ou non-voyante n’aurait pas sa place dans ces lieux de loisirs ? Cette croyance oublie une chose essentielle : l’expérience des vacances ne se résume pas à ce que l’on voit. Elle se construit à travers chaque moment du séjour, du premier pas dans le village à la découverte des espaces communs, en passant par la possibilité de circuler en autonomie vers le restaurant, la piscine ou les animations. Ce que recherchent les vacanciers, c’est une expérience rassurante et mémorable. Et c’est justement là que tout se joue : l’accessibilité ne profite pas seulement aux personnes déficientes visuelles, elle enrichit l’expérience de tous et renforce l’attractivité des villages vacances.

Idée reçue n°10 : « Les personnes malvoyantes et non-voyantes ne vont jamais à l’hôpital : elles ne tombent jamais malades »

Et s’il existait encore, en 2025, des citoyens qui évitent de se soigner non pas par négligence, mais parce que les lieux de santé leur sont inaccessibles ? Cette nouvelle idée reçue met en lumière une réalité souvent invisible : celle des personnes malvoyantes et non-voyantes qui renoncent à se rendre dans un hôpital ou une clinique faute de pouvoir s’y repérer, s’y orienter, y circuler simplement. Pas parce qu’elles ne seraient jamais malades. Mais parce que ces espaces ne sont pas pensés pour elles. Dans un univers médical déjà anxiogène, leur manque d’autonomie devient un obstacle supplémentaire, trop souvent ignoré. Soigner, ce n’est pas uniquement traiter un symptôme ou prescrire un médicament. C’est aussi créer les conditions d’un accueil digne, apaisant, et véritablement inclusif. Cela signifie penser l’environnement de soins pour qu’il soit compréhensible, accessible et rassurant pour toutes et tous, quel que soit le mode de perception ou de déplacement. Cela commence dès l’entrée, dès les premiers mètres parcourus en autonomie ou non. Parce que la confiance dans le parcours de soin naît aussi de la capacité à se repérer, à s’orienter, à se sentir considéré dès le seuil franchi.

Idée reçue n°9 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes n’ont pas de problème pour se repérer après 50 ans – « ça fait 15 ans qu’elles travaillent ici, elles connaissent déjà les lieux par cœur »

Il est temps de dépasser l’idée reçue selon laquelle une personne déficiente visuelle de plus de 50 ans n’aurait plus besoin d’aide pour se repérer, sous prétexte qu’elle connaît déjà parfaitement son environnement. Cette croyance ignore les effets du vieillissement sur la mémoire, la charge mentale liée à l’adaptation constante, et la pression silencieuse pour préserver coûte que coûte son autonomie.

Idée reçue n°8 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes n’ont pas besoin de toucher pour voir et comprendre le monde.

“Ne touchez pas !” Combien de fois cette phrase a-t-elle été entendue ? Dans les musées, les entreprises, les lieux publics… Cette interdiction semble anodine. Et pourtant, elle exclut. Elle empêche de comprendre. Pour les personnes malvoyantes et non-voyantes, le toucher est le premier langage du monde. C’est grâce à lui que les espaces deviennent cohérents, que les volumes prennent sens, que la connaissance se matérialise. Toucher n’est pas un geste d’imprudence, mais un acte d’apprentissage. C’est par le toucher que les personnes déficientes visuelles comprennent un lieu, s’y repèrent et s’en souviennent. Empêcher de toucher, c’est empêcher de comprendre. Il n’existe pas d’accessibilité sans le droit de comprendre.

Idée reçue n°7 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes n’ont qu’à suivre leur chien guide quand elles sont perdues – il fait GPS, plan et boussole à la fois

"Un chien guide, c’est magique : il suffit de lui dire où aller et il vous y emmène." Vraiment ? Cette idée reçue est tenace. Elle circule dans les entreprises, les administrations, les transports, les lieux publics… et parfois même chez des professionnels de l’accueil ou du secteur médico‑social peu familiers du guidage. Pourtant, les associations de chiens guides rappellent depuis des années qu’un chien guide n’est pas un GPS vivant : c’est le partenaire d’un travail d’équipe où la personne déficiente visuelle reste décisionnaire du trajet. Comprendre le rôle exact du chien guide permet non seulement de mieux accompagner les personnes aveugles ou malvoyantes, mais aussi de déconstruire une vision quasi magique et technologique qui occulte les compétences et besoins réels de ces personnes.

Idée reçue n°6 : « Les personnes malvoyantes et non-voyantes ne vont pas dans les parcs d’attraction car elles ne sauraient pas quoi faire »

Ah oui ? Parce que sans la vue, il serait impossible de vibrer à l’appel d’un grand huit, de rire dans une attraction aquatique, ou de ressentir l’excitation d’un univers féerique ? Cette idée reçue illustre une réalité trop souvent ignorée : la manière dont les environnements ludiques sont conçus exclut encore une partie de la population, non pas par choix, mais par défaut d’anticipation.

Idée reçue n°5 : Les personnes malvoyantes et non-voyantes ne font pas d’études supérieures parce qu'elles n'ont pas de capacités intellectuelles.

Pour de nombreuses personnes, poursuivre des études supérieures représente une étape cruciale vers l’accomplissement personnel et professionnel. Pourtant, cette idée reçue persiste : les personnes malvoyantes et non-voyantes n’auraient pas les capacités intellectuelles pour y accéder. Cette croyance, aussi fausse qu’injuste, reflète davantage un manque de sensibilisation aux obstacles réels qu'elles rencontrent, comme l’inaccessibilité des cours et des infrastructures, qu'une quelconque incapacité. En réalité, seuls 2 % des personnes malvoyantes et non-voyantes accèdent aujourd’hui aux études supérieures, non pas à cause d’un prétendu déficit intellectuel, mais à cause de la faible accessibilité des lieux et des supports pédagogiques. Avec des adaptations appropriées et un environnement inclusif, elles peuvent réussir brillamment dans leurs études et contribuer pleinement à la société.

Idée reçue n°4 : "Les personnes malvoyantes ou non-voyantes ne font pas de sport car elles sont trop limitées physiquement."

Le sport, qu’il s’agisse de le pratiquer ou de l’observer depuis les tribunes, est une passion universelle qui rassemble. Pourtant, il est encore fréquent d’entendre que les personnes malvoyantes et non-voyantes sont « trop limitées » pour participer à cette expérience, soit en tant que sportifs, soit en tant que spectateurs. Cette idée reçue reflète davantage un manque de connaissance et d’adaptations qu’une réalité. Car, avec des infrastructures adaptées, les personnes malvoyantes et non-voyantes sont tout à fait capables de vivre et de ressentir l’intensité d’un match ou de pratiquer leur sport préféré. Avec les bons aménagements, chacun peut avoir accès à ce formidable vecteur d’émotions et de dépassement de soi qu’est le sport.

Idée reçue n°3 : "Les personnes malvoyantes ou non-voyantes ne séjournent pas dans les hôtels car elles ne voyagent pas."

Tout comme les autres voyageurs, les personnes malvoyantes et non-voyantes apprécient de découvrir de nouveaux lieux, de profiter de moments de détente, et séjournent dans des hôtels à la recherche d'une expérience inclusive, agréable, et surtout autonome. Elles se déplacent aussi bien pour les loisirs, que ce soit seules, en famille, entre amis, ou pour des raisons professionnelles.

Idée reçue n° 2 : « Les personnes malvoyantes et non-voyantes ne vont pas aux musées car elles ne voient pas ou mal »

L’accès à la culture est un droit fondamental pour tous, quel que soit le niveau de vision. Pourtant, pour les personnes malvoyantes et non-voyantes, la visite d’un musée peut être un véritable parcours du combattant. Se repérer dans des espaces vastes, comprendre les descriptions des œuvres ou simplement déambuler librement sont autant de défis à surmonter. Les musées doivent être pensés pour inclure tous les visiteurs, car chacun a le droit de ressentir des émotions face aux œuvres et de vivre des moments de découverte. Rendre les musées accessibles, c’est permettre à chaque personne de s’immerger dans la culture et de renforcer son sentiment d’appartenance à la société.

Idée reçue n°1 : « Les personnes malvoyantes ou non-voyantes ne travaillent pas car elles n’ont pas de compétences professionnelles »

Face à la pénurie de talents, avez-vous envisagé le potentiel inexploité des professionnels déficients visuels ? Nombreux sont ceux qui ont des idées préconçues sur les métiers accessibles aux personnes malvoyantes ou non-voyantes. Mais saviez-vous que le monde professionnel évolue sur ce sujet ? De nouvelles carrières s'ouvrent, brisant les barrières et les stéréotypes.


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